Lundi 12 janvier, le gouvernement somalien a mis fin à tous ses partenariats avec les Émirats arabes unis. Des opérations portuaires à Berbera, Bosaso et Kismayo aux accords de défense et de sécurité, chaque accord est désormais annulé. C'est la réponse audacieuse de Mogadiscio face à ce qu'elle considère comme des menaces croissantes pour sa souveraineté.
Le Conseil des ministres de la Somalie a déclaré dans un communiqué que cette décision fait suite à "des rapports crédibles et des preuves convaincantes" d'actions sapant l'unité territoriale et l'indépendance politique du pays. Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Moallim Fiqi s'est exprimé sur X pour souligner les mêmes points, avertissant qu'aucun défi à la souveraineté de la Somalie ne restera sans réponse.
Cette décision s'inscrit dans des préoccupations anciennes concernant l'influence des Émirats arabes unis dans la Corne de l'Afrique, notamment au Somaliland – la région sécessionniste qui a déclaré son indépendance en 1991 mais n'a pas obtenu de reconnaissance internationale. Plus tôt cette semaine, les Émirats ont refusé de se joindre à une condamnation arabo-islamique conjointe de la reconnaissance du Somaliland par Israël, bien qu'ils aient rejoint l'Union africaine le 7 janvier pour réaffirmer leur soutien à l'unité et à la stabilité de la Somalie.
Au cours de la dernière décennie, des entreprises émiraties comme DP World ont investi dans le Somaliland, obtenant une concession de 30 ans pour exploiter le Port de Berbera pour 442 millions de dollars. Pourtant, DP World est resté silencieux lorsqu'on lui a demandé son avis sur l'annonce de la Somalie. Selon l'Africa Center for Strategic Studies, les investissements des Émirats en Afrique de l'Est dépassent 47 milliards de dollars – soit environ 60 % du capital du Golfe affluant vers la région.
Les tensions ont atteint un nouveau sommet après les rapports indiquant qu'Aidarous al-Zubaidi, le chef du Conseil de transition du Sud du Yémen, s'est rendu à Dubaï via le port de Berbera le 8 janvier, contournant les pourparlers dirigés par l'Arabie saoudite à Riyad. Les autorités somaliennes de l'immigration ont ouvert une enquête sur l'utilisation "non autorisée" de son espace aérien et de ses aéroports. Cela fait suite à un avertissement de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen selon lequel le déplacement de Zubaidi par le territoire somalien violerait la souveraineté de la Somalie.
En coulisses, le système fédéral de la Somalie ajoute une autre tournure. Des États membres comme le Puntland et le Jubaland – tous deux fortement liés aux Émirats – ne seront peut-être pas enclins à suivre la voie de Mogadiscio. Ces régions se sont déjà affrontées sur des réformes constitutionnelles et l'approche des élections nationales.
Alors que la Somalie trace une nouvelle voie dans ses relations extérieures, tous les regards sont tournés vers la façon dont les autorités régionales se conformeront. Une chose est claire : Mogadiscio trace une ligne ferme dans le sable en ce qui concerne la défense de sa souveraineté.
Reference(s):
Somalia annuls all agreements with UAE, citing threats to sovereignty
cgtn.com




