Imaginez votre marché préféré—peut-être le souk de Marrakech ou un bazar de rue à Nairobi—où le plus grand stand cesse de payer le loyer. Le gestionnaire du marché pourrait bientôt l'empêcher de voter sur les nouvelles règles. C'est la situation à laquelle les États-Unis font face aux Nations Unies.
Au début de 2026, les États-Unis courent un risque sérieux : perdre leur vote à l'Assemblée générale des Nations Unies parce qu'ils ont pris du retard sur leurs contributions de 2025. Un porte-parole de l'ONU a confirmé le 8 janvier que Washington n'a pas payé ses cotisations, et en vertu de l'Article 19 de la Charte de l'ONU, tout membre qui doit deux ans de frais peut être privé de son droit de vote—à moins que l'Assemblée ne décide qu'il y avait des facteurs indépendants de sa volonté.
Cet avertissement fait suite à un mémorandum présidentiel étendu signé par Donald Trump le 7 janvier. Le mémo ordonne aux agences fédérales de se retirer de 66 organismes internationaux—35 en dehors du système de l'ONU et 31 agences de l'ONU—les jugeant “non alignés avec les intérêts des États-Unis.”
Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, les États-Unis se sont déjà retirés de l'UNESCO, de l'Organisation mondiale de la santé et du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, et ont suspendu le financement de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine. Les observateurs appellent cela un virage vers un “financement sélectif,” où le soutien ne va qu'aux programmes qui correspondent à l'agenda de l'administration.
Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres a exprimé des regrets face à ces retraits, soulignant que les contributions fixées aux budgets réguliers et de maintien de la paix de l'ONU sont juridiquement contraignantes. Il a réaffirmé que les agences de l'ONU resteront sur leur mission, fournissant des services aux communautés qui en dépendent.
En Europe, les dirigeants ont critiqué le retrait des États-Unis—surtout des organismes liés au climat comme la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Le Commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, a qualifié la décision de “regrettable,” tandis que la députée écologiste néerlandaise Kathalijne Buitenweg l'a qualifiée de “imprudente et profondément nuisible” alors que des vagues de chaleur, des incendies de forêt et des inondations frappent les communautés du monde entier.
Pour les jeunes militants et entrepreneurs du Sud Global, le retrait des États-Unis soulève de grandes questions sur l'avenir de la coopération mondiale. Washington réglera-t-il ses dettes et reprendra-t-il sa place à la table, ou se mettra-t-il de côté en laissant un vide dans l'action multilatérale ?
Reference(s):
cgtn.com




