Plus tôt ce mois-ci, le Département d'État américain a annoncé qu'il suspendait tous les programmes d'assistance qui bénéficient au gouvernement fédéral de la Somalie. Washington fait état de graves allégations selon lesquelles des responsables somaliens auraient détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial financé par les États-Unis et saisi 76 tonnes métriques d'aide alimentaire destinée aux familles vulnérables.
Les fournitures saisies—suffisantes pour nourrir des milliers de foyers dans des zones touchées par le conflit—ont été données par des partenaires internationaux pour aider les communautés frappées par la sécheresse et l'instabilité. En arrêtant les flux de financement, les États-Unis visent à pousser le gouvernement somalien à assumer ses responsabilités, enquêter sur ce qui s'est passé et déployer des mesures correctives.
On ne sait pas encore combien d'argent est en suspens. Sous l'administration américaine précédente, les budgets d'aide étrangère ont été réduits, l'Agence américaine pour le développement international a été démantelée, et les chiffres par pays n'ont pas été mis à jour. Pour les ONG somaliennes et les associations caritatives locales, cette imprévisibilité peut donner l'impression de naviguer dans les pluies saisonnières sans prévision météorologique.
Jusqu'à présent, les autorités somaliennes n'ont pas répondu aux accusations. Les groupes de défense avertissent que la suspension pourrait laisser des milliers de personnes sans soutien vital, à un moment où la sécurité alimentaire est déjà précaire dans la Corne de l'Afrique.
Responsabilité et transparence sont les mots d'ordre maintenant. Si le gouvernement somalien veut que l'aide reprenne, il devra ouvrir ses portes à des observateurs indépendants, retourner ou rembourser les stocks alimentaires saisis, et rétablir la confiance avec les donateurs. Sinon, le gel pourrait durer—et les plus vulnérables pourraient en payer le prix le plus lourd.
La mesure américaine envoie un signal clair : quand l'aide se perd, même les communautés les plus pauvres n'auront pas carte blanche. La question est de savoir si cette position ferme incitera à des réformes ou aggravera la crise humanitaire en Somalie.
Reference(s):
cgtn.com




