Les États-Unis interdisent au président Abbas de se rendre à l'ONU en pleine campagne de reconnaissance de l'État

Les États-Unis interdisent au président Abbas de se rendre à l’ONU en pleine campagne de reconnaissance de l’État

Dans une décision qui a secoué la scène internationale, les États-Unis ont annoncé qu'ils ne délivreraient pas de visas au président palestinien Mahmoud Abbas et à environ quatre-vingts collègues, bloquant leur voyage à New York pour la prochaine Assemblée générale des Nations Unies. La décision intervient alors que plusieurs alliés de longue date des États-Unis – notamment la Grande-Bretagne, la France, l'Australie et le Canada – s’apprêtent à reconnaître la Palestine en tant qu'État lors d’un sommet de haut niveau en marge du rassemblement général de l’ONU.

Le bureau d’Abbas a exprimé son choc et a rappelé l'accord de 1947 sur le "siège de l’ONU", qui garantit généralement l'accès des diplomates étrangers au siège des Nations Unies à New York. Pourtant, Washington insiste sur le fait qu'il peut refuser des visas pour des raisons de sécurité, de politique étrangère ou de préoccupations liées à l'extrémisme.

De retour à Ramallah, Nabil Abu Rudeineh, porte-parole d’Abbas, a exhorté les États-Unis à changer de cap, affirmant que la décision sapait les normes diplomatiques. Pendant ce temps, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne réunis à Copenhague ont lancé un appel unanime à Washington pour qu'il reconsidère sa position.

Le Comité ministériel issu du Sommet arabe-islamique extraordinaire de la semaine dernière sur Gaza a ajouté sa voix, exigeant des États-Unis de "reconsidérer et annuler" l’interdiction de visa. Cet appel collectif met en évidence combien la cause palestinienne continue de résonner dans les capitales de Bruxelles à Doha.

La Palestine bénéficie déjà de la reconnaissance de la grande majorité des États membres de l’ONU et détient un statut d’observateur à l’ONU. Ce nouvel affrontement sur les visas met à nu les tensions entre le contrôle strict de Washington sur l’entrée à la tribune des Nations Unies et l’élan international croissant en faveur d’une réalité à deux États.

Alors que de jeunes professionnels, étudiants et membres de la diaspora suivent cette histoire, ce débat élargi soulève des questions sur le pouvoir, l'accès et l'avenir de la diplomatie mondiale. Les États-Unis resteront-ils fermes ou les appels des alliés transformeront-ils une politique que beaucoup considèrent comme dépassée dans un monde interconnecté d’aujourd’hui ?

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