Plus tôt ce mois-ci, le président américain Donald Trump a dévoilé le Conseil de paix — un nouvel organisme intergouvernemental promettant de reconstruire Gaza de fond en comble. Sur le papier, cela ressemble à une solution rapide. Mais la réaction mondiale a été étonnamment prudente.
Environ 60 nations et organisations ont été invitées, mais seules quelques-unes — des pays comme la Hongrie et l'Argentine — ont officiellement approuvé le plan. Cette hésitation découle de l'ADN inhabituel du conseil : il est construit sur une diplomatie transactionnelle.
À sa tête se trouve un conseil dirigé par les États-Unis composé de milliardaires et d'alliés politiques. En dessous se trouve un comité technocratique destiné à gérer les services de base, tandis que l'administration palestinienne est reléguée à un rôle purement municipal. Et voici le hic : un siège permanent coûte 1 milliard de dollars. Tous les autres membres sont limités à des mandats de trois ans.
Derrière ce modèle, la frustration de Washington envers les Nations Unies est claire. Qualifiant l'ONU de bureaucratique et partiale, l'administration Trump parie sur un style de reconstruction nationale inspiré du secteur privé — décisions rapides, indicateurs semblables aux profits et moins de niveaux de surveillance.
Mais pour de nombreuses capitales en Europe, en Asie et dans le Sud global, cela ne complète pas l'ONU, cela la sape. Si la gouvernance peut être achetée, qu'advient-il de l'idée que la voix de chaque pays est égale ? La paix devient une marchandise, pas un consensus.
Il y a ensuite la portée. La charte du conseil se concentre sur une gouvernance fiable partout où le conflit frappe, pas seulement à Gaza. Pour certains, cela ressemble à un mandat pour une intervention unilatérale — la diplomatie d’hier remplacée par la tutelle de demain.
Même des voisins clés comme la Jordanie et la Türkiye, dont la stabilité est liée au sort de Gaza, restent en marge. Ils craignent que le plan ne mette de côté un véritable leadership palestinien au profit d'un contrôle externe.
La vraie paix nécessite deux ingrédients : une légitimité locale et une politique claire. Le Conseil de paix n'en a ni l'un ni l'autre. En traitant Gaza comme un projet de reconstruction géré par des financiers, il évite les questions difficiles sur les frontières, l'occupation et la souveraineté. Et cela pourrait être le véritable point de rupture.
Reference(s):
The 'Board of Peace' and the rise of transactional diplomacy
cgtn.com




