Le nouveau Premier ministre du Japon, Sanae Takaichi, vient de dévoiler son plan audacieux—“Sanaenomics”—avec des réductions d'impôts pour les familles, de grandes subventions industrielles, et une augmentation des dépenses de défense. L'objectif ? Relancer la croissance avec des dépenses publiques importantes et dompter d'une certaine manière la dette massive du Japon.
Les réponses vont des acclamations aux huées, mais quand vous décomposez cela en trois questions—d'où viendra l'argent, où ira-t-il, et cela sera-t-il vraiment rentable ?—vous voyez que Sanaenomics est un pari à hauts risques.
D'où viendra l'argent ?
Il y a deux voies évidentes : des impôts plus élevés ou plus d'emprunts. Les hausses sont impopulaires, donc Takaichi promet des réductions—supprimant un surtaxe sur le carburant et rendant le lycée gratuit—un package qui pourrait coûter près de ¥2 trillions (environ 13 milliards de dollars). Pourtant, des ajustements à d'autres taxes pourraient n'apporter que ¥1,2 trillion. Ce déficit pointe vers de nouvelles obligations d'État.
Mais la montagne de dettes du Japon s'élève déjà à environ ¥1,333 trillion, avec un ratio dette/PIB proche de 240 %. Le service de la dette consomme près d'un quart du budget annuel. En d'autres termes, elle parie gros sur les dépenses alors que la facture est déjà stratosphérique.
Où ira l'argent ?
Sanaenomics dirige les fonds vers des projets menés par l'État, avec une priorité claire sur la défense et la “sécurité économique.” Takaichi a accéléré une augmentation des dépenses de défense à 2% du PIB (une mesure prévue pour 2027) et envisage une “taxe de défense” de 1% sur les revenus à partir de 2027. Certains chuchotent même à propos des armes nucléaires.
Mais le Japon doit également faire face à une population vieillissante et à un filet de sécurité sociale tendu. Alors que plusieurs lignes budgétaires vont aux chars et missiles, des domaines vitaux comme la santé, l'éducation et le soutien à l'emploi risquent d'être à court de fonds.
Et la plus grande question demeure : ces dépenses relanceront-elles une croissance robuste sans alimenter l'inflation ? Cette conclusion est encore en cours de réalisation. Pour les jeunes leaders et entrepreneurs du Sud global, Sanaenomics souligne le défi de poursuivre de grands rêves avec un budget serré.
Reference(s):
cgtn.com




