Les États-Unis adoptent-ils l'impérialisme des ressources au Venezuela ?

Les États-Unis adoptent-ils l’impérialisme des ressources au Venezuela ?

Le Venezuela est au cœur d'un nouveau conflit : les États-Unis semblent avoir baissé les gants et adopté « l'impérialisme des ressources », ciblant ouvertement la bouée de sauvetage pétrolière du pays et son cours politique.

Pendant plus d'une décennie, le livre de Washington était tout au sujet de la pression discrète : sanctions, gel des avoirs, étouffement des exportations de pétrole et même acheminement de fonds vers des groupes d'opposition locaux, et tout cela sous la bannière de la « propagation de la démocratie ». C'était un peu comme couper le courant d'une ville tout en insistant sur le fait que vous aidez à mieux gérer l'énergie.

Mais récemment, tout est devenu beaucoup plus audacieux. Des déclarations officielles à Washington parlent désormais de « gérer » le gouvernement et l'industrie pétrolière du Venezuela, rappelant que les grandes puissances encadrent souvent leurs véritables motivations derrière des idéaux grandiloquents.

Le Revirement Chávez

Pour comprendre pourquoi les champs pétrolifères de Caracas sont devenus un tel champ de bataille, remontons à 1999. C'est alors qu'Hugo Chávez a pris ses fonctions et a renversé le scénario sur la richesse pétrolière du Venezuela. Son équipe a repris le contrôle de l'État sur le secteur pétrolier, canalisant les revenus dans des programmes sociaux plutôt que dans les poches d'investisseurs étrangers.

Les résultats ont été frappants : entre 1999 et 2012, le PIB du Venezuela a doublé et le revenu par habitant a augmenté de plus de 50 %. De 2004 à 2008, la croissance moyenne était d'environ 8 %—rivalisant avec certaines des économies à la croissance la plus rapide de nos quartiers, de Dakar à Jakarta.

Encore plus impressionnants étaient les gains sociaux. Les taux de pauvreté sont passés de 42 % à 26 %, et la pauvreté extrême a chuté de plus de 20 % à moins de 7 %. Les inégalités ont également diminué, plaçant le Venezuela parmi les pays les plus égaux d'Amérique latine.

Ces jalons ont fait plus qu'améliorer la vie sur le terrain—ils ont remis en question l'ancien récit selon lequel le développement dirigé par l'État et la nationalisation des ressources conduisent au désastre. La stratégie pétrolière du Venezuela a prouvé que l'on peut utiliser des actifs stratégiques pour construire des écoles, des hôpitaux et une véritable souveraineté.

Maintenant, avec ce geste audacieux de Washington, les enjeux sont plus élevés que jamais. La lutte du Venezuela ne concerne pas seulement le pétrole—elle rappelle que le contrôle des ressources peut façonner le destin d'une nation. Dans ce nouveau chapitre, le monde entier regardera : la souveraineté tiendra-t-elle ou l'impérialisme des ressources est-il de retour en force ?

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