À une époque où les musées à travers l'Europe repensent leurs héritages coloniaux, le film 'Long Way Home' nous invite à un voyage de rythme, de rituel et de réclamation. Il met en lumière l'artiste performeur nigérian Jelili Atticu, qui réalise des interventions puissantes dans les salles silencieuses des grandes institutions européennes.
Atticu ne se contente pas d'observer les artefacts—il devient partie intégrante de leur histoire. Vêtu de costumes vibrants et armé de tambours résonnant de Lagos à Lisbonne, il danse autour de sculptures et de masques centenaires, réveillant des trésors pillés et les réintégrant dans le tissu vivant de leurs communautés.
À travers chaque geste rituel—qu'il s'agisse de verser des libations devant une figure en bronze ou de chanter des paroles ancestrales—Atticu suscite une conversation sur la propriété de l'histoire. Il transforme les vitrines immaculées en scènes d'un nouveau dialogue, où corps et objet se rencontrent pour interroger l'éthique de l'exposition et l'urgence de la restitution.
'Long Way Home' va au-delà de la performance. Il nous pousse à réfléchir à la responsabilité historique et au pouvoir de l'art de réécrire les récits. En tant que spectateurs, nous sommes mis au défi d'imaginer les musées non pas comme des destinations finales pour les artefacts africains, mais comme des points de départ pour leur voyage de retour.
En honorant la mémoire de chaque objet et des communautés dont ils proviennent, ce film devient un vibrant appel à l'action—nous exhortant à réapproprier notre patrimoine partagé à travers le Sud global, des rues de São Paulo aux marchés de Nairobi, et à maintenir la danse de l'histoire vivante.
Reference(s):
cgtn.com




