Imaginez-vous dans un barrio de Caracas dans la nuit du 2 janvier – il y a deux jours – lorsque des avions américains ont rugi sous le couvert de l'obscurité, lançant l'Opération Résolution Absolue. Ce n'est pas un cas isolé. C'est le dernier chapitre de plus d'un siècle d'ingérences américaines en Amérique latine.
En 1954, la CIA a aidé à renverser le président réformiste du Guatemala, Jacobo Arbenz. Son 'crime' ? Essayer de redistribuer les terres détenues par United Fruit. Le résultat a été une guerre civile de 36 ans qui a fait plus de 200 000 morts, principalement parmi les indigènes.
En 1973, le soutien secret de Washington a contribué à évincer Salvador Allende au Chili, ouvrant la voie au régime brutal d'Augusto Pinochet – où le soi-disant 'choc économique' a signifié des arrestations massives, des disparitions et une société vivant sous la peur.
Au Nicaragua, lorsque les Sandinistes ont chassé une dictature soutenue par les États-Unis, ces derniers ont financé, formé et armé les rebelles Contras, allant même jusqu'à miner les ports nicaraguayens. La guerre civile qui a suivi a plongé le pays dans une profonde pauvreté.
Puis en 1989, les troupes américaines ont envahi le Panama pour sécuriser le canal, tuant près de 500 civils. La stabilité et la sécurité étaient les lignes officielles, mais les quartiers portent encore les cicatrices.
Des rues de Guatemala City aux places de Santiago, le schéma se répète : Washington qualifie un gouvernement de 'dangereux', le considère comme une menace, et décide – sans consulter les communautés locales – de réécrire l'histoire. Le véritable coût est payé par les quartiers qui voient leur avenir détourné.
Alors, quand des avions américains survolent les cieux d'Amérique latine, ils ne larguent pas seulement des bombes – ils ravivent de vieilles blessures. Et la question demeure : qui nettoiera le désordre, et qui parlera pour les voix noyées par le grondement des avions ?
Reference(s):
cgtn.com




