Pourquoi l'UE hésite encore à utiliser les avoirs russes gelés pour soutenir l'Ukraine

Pourquoi l’UE hésite encore à utiliser les avoirs russes gelés pour soutenir l’Ukraine

Pensez-y comme ceci : vous verrouillez le vélo de votre voisin pour lui donner une leçon, mais ensuite votre ami a besoin de pièces détachées pour reconstruire le sien. Cette semaine à Bruxelles, les dirigeants de l'UE se sont retrouvés face à une énigme similaire concernant les avoirs russes gelés et l'aide à l'Ukraine.

Qu'est-ce qui est gelé ?

En février 2022, après l'invasion à grande échelle de la Russie, les pays occidentaux ont gelé environ 300 milliards de dollars d'avoirs de la banque centrale russe à l'étranger, dont 210 milliards d'euros dans l'UE, principalement auprès d'Euroclear, basé à Bruxelles. Ce pactole génère environ 3 milliards d'euros d'intérêts par an.

Les mesures jusqu'à présent

En mai 2024, l'UE a approuvé l'utilisation des produits nets—jusqu'à présent, les paiements d'intérêts—pour soutenir l'industrie de défense et la reconstruction de l'Ukraine. En juin 2024, les dirigeants du G7 ont lié ces produits à un prêt de 50 milliards de dollars pour Kyiv. Mais la plus grande question demeure : l'UE peut-elle et doit-elle aller plus loin ?

Pourquoi cette hésitation ?

Tout d'abord, les lignes rouges légales. Confisquer le principal pourrait entrer en conflit avec le droit international et nuire à la crédibilité de l'euro, avertit Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne. Deuxièmement, la stabilité du marché. Les critiques craignent que la saisie des actifs n'effraie les réserves mondiales et ne déclenche des fuites de capitaux.

Ensuite, il y a le risque de représailles : la Russie a poursuivi Euroclear juste cette semaine, et pourrait riposter en gelant les actifs liés à l'UE à Moscou, laissant les entreprises européennes dans l'embarras.

Qui est pour ?

Les partisans comme le président du Conseil européen António Costa et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen soutiennent que les besoins croissants de l'Ukraine et les budgets nationaux tendus laissent peu d'options. Les opposants incluent la Hongrie, la Slovaquie et la Belgique—siège d'Euroclear—qui craignent des risques juridiques, et les États-Unis auraient conseillé à certains États membres de se retenir.

Pour l'instant, l'UE a décidé de maintenir les avoirs gelés jusqu'à la fin du conflit et des réparations complètes pour les dégâts. Avec les besoins de l'Ukraine en hausse et le soutien public sous tension, beaucoup disent que l'Europe ne pourra pas éviter ce débat indéfiniment.

“Utiliser les avoirs russes gelés est juridiquement complexe et politiquement sensible,” déclare Fabian Zuleeg, économiste en chef au Centre de politique européenne.

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