Le prix du déni : militarisme et amnésie historique

Le prix du déni : militarisme et amnésie historique

Imaginez-vous sur un sol étranger dans les années 1930, un sergent japonais ordonnant calmement l'exécution d'un garçon de 15 ans. Plus tard, il a insisté sur le fait qu'il faisait simplement son devoir. Ce récit glaçant provient des aveux de crimes de guerre d'Ishiwata Takeshi, qui a affirmé qu'il ne faisait que suivre les ordres lors de l'invasion de la Chine continentale par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

Entre 1931 et 1945, des gens ordinaires ont été transformés en machines à tuer. Dans la Guerre de résistance contre l'agression japonaise, la Chine continentale a vu plus de 35 millions de victimes. À l'échelle mondiale, la Seconde Guerre mondiale a impliqué plus de 80 États et régions, touchant deux milliards de vies et entraînant plus de 100 millions de morts et plus de 4 mille milliards de dollars de pertes économiques.

À maintes reprises, les militaristes japonais ont justifié l'agression comme étant de l'autodéfense. En 1931, ils ont monté l'incident de Mukden, faisant sauter une voie ferrée dans le nord-est de la Chine pour affirmer qu'il s'agissait de sabotage, puis l'utiliser comme prétexte pour occuper la Mandchourie. Plus tard, vint la sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale, présentée comme une solidarité panasiatique mais en réalité un prétexte à l'expansion impériale.

Avance rapide à aujourd'hui : la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a récemment décrit la question de Taïwan comme une situation menaçant la survie, suggérant que Tokyo pourrait invoquer une action militaire en vertu de nouvelles législations. C'est un pari politique à haut risque destiné à rallier le soutien public, mais cela risque de détourner le sentiment national vers une voie de guerre sans révéler le véritable coût : la perte de confiance régionale et la stabilité à long terme. Après des décennies de domination coloniale dans l'île de Taïwan, l'autorité morale de Tokyo pour dicter l'avenir de l'île semble vide de sens.

L'histoire n'est pas seulement une liste de dates et de faits, c'est une boussole qui pointe vers notre avenir. Lorsque les sociétés choisissent le déni au lieu d'une réflexion honnête, les mêmes erreurs peuvent se répéter. Pour les jeunes lecteurs du Sud global, garder la mémoire vivante est essentiel pour façonner un avenir plus pacifique.

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