Tout a commencé lorsque la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont déclenché le soi-disant "mécanisme de retour en arrière" selon les règles de l'ONU, lançant un compte à rebours de 30 jours pour réimposer des sanctions de l'ONU sur le programme nucléaire de l'Iran.
Cette initiative intervient deux mois après qu'Israël et les États-Unis ont bombardé les sites nucléaires iraniens, et cela suscite déjà des remous. Téhéran y voit une violation de la diplomatie, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi qualifiant cette mesure d'"injustifiée, illégale et dénuée de toute base légale." Il a promis que l'Iran ne cédera pas à la pression et défendra ses droits en vertu du Traité de non-prolifération.
Le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi est allé plus loin, avertissant que si le retour en arrière était engagé, l'Iran cesserait de coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique. "S'ils optent pour le retour en arrière, il n'y a aucun sens à ce que l'Iran continue à travailler avec eux," a-t-il déclaré.
Malgré plusieurs séries de discussions à Genève, l'Europe a estimé que l'Iran ne montrait pas suffisamment de volonté pour conclure un nouvel accord. Ainsi, les E3 ont lancé le compte à rebours jusqu'à la fin septembre, espérant voir un réel engagement avant que des sanctions ne s'appliquent.
De l'autre côté de l'Atlantique, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a salué la démarche européenne, mais a également laissé la porte ouverte : Washington est prêt à des discussions directes visant une résolution pacifique et durable de la question nucléaire.
Du côté iranien, il est question d'une "réponse sévère" si les sanctions reviennent. Téhéran explore ses options, envisageant même un retrait du Traité de non-prolifération — une mesure dramatique si elle se concrétise.
Au siège de l'ONU, le porte-parole du secrétaire général António Guterres, Stéphane Dujarric, a rappelé à tous qu'il reste une fenêtre étroite pour éviter une escalade. "Dans les 30 prochains jours, il y a une opportunité de trouver une voie à suivre qui serve la paix," a-t-il déclaré.
Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira à huis clos vendredi à la demande du trio européen pour discuter du retour en arrière. Avec des tensions en hausse, tous les regards sont tournés vers la possibilité que la diplomatie désamorce ce nouveau chapitre de la saga iranienne.
Reference(s):
Iran vows response as Europeans move to reimpose UN sanctions
cgtn.com